La fracture numérique n’est pas prête d’être résolue avec des discours de ce type : « Je ne voudrais pas passer pour le cynique que je ne suis pas… mais tout de même : il est un peu normal que le haut débit aille d’abord là où l’on en a vraiment besoin ». Ce sont les propos de Francis Lorentz, président de l’Idate (Institut de l’Audiovisuel et des Télécommunications en Europe) lors de la 27e conférence internationale de l’Institut. Dans l’article où il relate ces propos Laurent Dupin prend la Creuse comme exemple, mais il aurait aussi bien pu citer l’Auvergne.
Je me demande bien qu’elle vision de la France rurale peut avoir cette personne et Laurent Bazet a très bien résumé le côté dérisoire et idiot d’une telle déclaration. D’une part il existe dans nos régions des entreprises qui ont besoin du haut débit dès maintenant, et d’autre part il y a aussi une question d’aménagement du territoire. Quel avenir offrons nous à nos régions si nous sommes coupés des réseaux (très) haut débit ? Comment pouvons nous attirer de nouvelles entreprises sans réseaux de communication performants ? Dans un monde interconnecté faut il se résoudre à laisser nos campagnes mal connectées ?
Je vous encourage d’ailleurs à aller lire le blog des Webs du Gévaudan. Pierre Ygrie, qui était présent à Res’Auvergne, y parle de télétravail, de visibilité numérique, de ruralité moderne et de très haut débit pour la Lozère.
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Bonjour,
Il faut parfois rapprocher les points de vue et les confronter. Pour avoir travaillé aux destinées de projets stratégiques d’opérateurs télécoms – avant que de revenir dans la région – il me souvient que la réalité, économique et technique, est édifiante !
Par exemple, savez-vous quels seuils de rentabilité la société MFS Communications (F Fiber), spécialisée dans la fourniture de VRAI très haut débit fibre aux marchés financiers dans les grandes métropôles mondiales s’imposait avant de "poper" (adducter en fibre) le site client ? 1 seul site en Auvergne pouvait justifier de ces volumes. 1 seul, là où dans Paris 8ème, quartier de la Bourse, nous avions des dizaines de "POP fibre"… Restait ensuite à justifier le backbone, et pour ça il fallait un bon paquet de sites, soit déjà signés, soit potentiels. Je me souviens qu’on avait du peaufiner le dossier sur l’Appel d’offre de certains Ministères…
La solution est de développer la culture, les savoirs, savoirs-faire, projets, initiatives réelles (entreprises de services, etc.), dans la région, ce qui développera "naturellement" un pôle TIC.
Des besoins et capacités financières découleront le développement des moyens techniques.
Et pas (trop) l’inverse…Quel rôle pour les collectivités ? Vaste débat… Je ne saurai que recommander de veuiller à bien gérer l’argent public.
Ce que j’ai pu constater dans d’autres régions, c’est par exemple, utiliser une masse globale pour permettre le développement d’un pôle hyper technique et compétitif à un endroit. Mais quand on parle de ça en Auvergne, contrairement à Lille, Lyon, Marseille, etc. Se lèvent des tas de boucliers arvernes… Résultat. Rien n’est encore fait chez nous là où les autres sont déjà en train d’en tirer les Bénéfices. Qui est allé dernièrement dans le quartier de la gare de La Pardieu ? Savez-vous pourquoi les Entreprises se battent pour s’y installer ? Transports, Fibres (6+ opérateurs en concurrence), etc
Merci et félicitations à certains élus en tous cas de leur sensilité, maturité, et pragmatisme face à ces questions. On est en passe de voir arriver quelque-chose, enfin, à Clermont…
Quant aux beaux discours démagogiques, je laisse la responsabilité de leurs conséquences y compris économiques à ceux qui les portent.
Reste qu’il faut nous mobiliser, imaginer des projets et les porter, pour développer la région !
Enfin, je crois…
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