Ce n’est pas un hasard si l’actualité a été marquée par les destructions de champs d’OGM dans le département et maintenant par deux procès de faucheurs à Riom et Clermont-Ferrand. Avec vingt-cinq hectares de maïs transgénique, soit près de la moitié des cultures génétiquement modifiées de France, le Puy-de-Dôme est en effet le plus grand champ d’OGM de France.
Deux sociétés se partagent ces hectares. Meristem therapeutic travaille à la production de lipase gastrique, destinée à tenter de soulager les patients atteints de mucovicidose. De son côté Biogemma se fixe comme objectif d’ouvrir de nouvelles perspectives de création de variétés qui répondent aux grands défis de l’agriculture : économie des ressources en eau, réduction des traitements chimiques, qualité et sécurité.
Point commun entre les deux sociétés : Limagrain. Pour la coopérative qui réunit 600 agriculteurs des plaines de la Limagne, la recherche sur les OGM est très importante. Premier semancier européen, Limagrain fait face à une concurrence mondiale qui n’a pas attendu pour investir sur les OGM.
Derrière la coopérative, les biotechnologies sont un élément important de l’économie auvergnate. Selon l’ARD Auvergne les biotechnologies concernaient 26 entreprises implantées en Auvergne en 2001, employaient 5 000 personnes et généraient 250 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’un des pôles de compétitivé labellisé par le gouvernement pour l’Auvergne porte d’ailleurs sur les céréales.
Mais nous en tant que citoyens comment se positionner sur un tel débat ? Le collectif des “Faucheurs volontaires” invoque le principe de précaution pour justifier la destruction des parcelles. De l’autre France 2 a fait un reportage sur les bienfaits de la recherche de Meristem pour une jeune malade et a tenté d’organiser une confrontation avec des faucheurs. Mais difficile de se faire véritablement une idée sur un sujet si complexe avec des avis de spécialistes contradictoires.
Dans le Gers on souhaite en ce moment organiser un référendum d’initiative populaire sur le sujet. Mais si un tel référendum était organisé en Auvergne demain, seriez vous capable de voter ?